Une épidémie importante de Chikungunya sévit actuellement dans l’Océan indien. Elle a débuté aux Comores en février 2005 pour atteindre la Réunion fin mars. Depuis lors, près de 6000 cas ont été signalés à La Réunion et cette affection évolue actuellement sur un mode endémique.
Le Chikungunya est une maladie virale transmise par les moustiques. Elle se caractérise par de la fièvre, une fatigue générale et des douleurs musculaires et articulaires qui peuvent persister pendant plusieurs semaines. Il existe également des formes inapparentes. Cette maladie est dans l’ensemble bénigne. Jusqu’à présent, aucun cas de transmission inter humaine n’a été décrit, mais trois observations locales ont fait suspecter une possible transmission materno-foetale. Il n’y a pas eu de cas mortel.
La lutte contre la maladie passe par la prévention de la prolifération des moustiques, c’est-à-dire par la réduction de toutes les sources possibles de gîtes larvaires que constituent les eaux stagnantes ou tout récipient susceptible de retenir les eaux de pluie.
Un dispositif de surveillance, notamment d’éventuelles complications de la maladie, a été mis en place par la direction régionale des affaires sanitaires et sociales (DRASS) avec le soutien de la cellule interrégionale d’épidémiologie de l’Institut de veille Sanitaire (InVS).
Xavier Bertrand, ministre de la santé et des solidarités, et François Baroin, ministre de l’outre-mer, ont diligenté sur place une mission d’expertise technique commune de l’Institut de veille sanitaire, de l’Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail (AFSSET) de l’Institut de recherche pour le développement, mission coordonnée par un membre de l’Inspection générale des affaires sociales. Elle a procédé la troisième semaine de décembre à une évaluation approfondie de la situation (prévisions épidémiologiques, possibilités d’éradication, évaluation des moyens et des méthodes de lutte anti-vectorielle mis en oeuvre) et identifié d’éventuelles mesures complémentaires. Son rapport sera disponible fin janvier 2006.
Le conseil général et les communes se sont mobilisés au côté de l’Etat pour assurer l’information de la population et renforcer les moyens, notamment au profit des communes, responsables de l’aménagement et de la salubrité du territoire. En effet, les collectivités locales sont chargées des mesures d’assainissement et d’enlèvement des déchets qui contribuent à la lutte contre la prolifération des moustiques.
Des moyens importants ont été déployés pour faire face à cette maladie. Près de 1 000 personnes ont été formées tant à la médiation pour relayer les informations pratiques de protection individuelle et de destruction de gîtes larvaires qu’au traitement de gîtes productifs. De même, 280 000 € ont déjà été engagés pour accroître les moyens matériels du service de lutte antivectorielle et l’équipement des communes ainsi que pour financer une campagne de communication au profit de la population. Un numéro vert a été mis en place.
Xavier Bertrand, ministre de la santé et des solidarités, a décidé, de déléguer cet automne à la DRASS une somme de 52 000 €, qui vient compléter sa dotation pour financer l’achat de matériel supplémentaire de démoustication, et d’en renforcer les moyens de 20 personnes qui participent déjà aux actions de démoustication d’information et de sensibilisation de la population. Ces moyens seront reconduits en 2006 après évaluation des besoins sur le long terme
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